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Cahier d’un retour au pays natal ou l’odyssée d’une prise de conscience

Je ne suis obscur que pour celui qui se trompe et croit lire le journal. Mallarmé

Le texte de la conférence

Le travail ici proposé participe et procède de la volonté d’en finir avec deux poncifs touchant l’oeuvre poétique césairienne.

D’abord le grief d’hermétisme. Si l’on convient que, comme toute entreprise poétique moderne, l’écriture d’Aimé Césaire rompt avec des habitudes de lecture formatées, on ne saurait pour autant la réputer obscure, absconse, voire inintelligible. Au contraire, une attention scrupuleuse portée au texte ainsi que la mobilisation d’outils interprétatifs adéquats permettent d’en découvrir les multiples significations.

En second lieu, il s’agit de récuser la neutralisation de la poésie césairienne, dont l’inscription au registre des "grandes œuvres" conduit à privilégier la seule excellence esthétique, en minorant, voire en occultant, la dimension sociale et politique.

Or, la grandeur de la poésie de Césaire tient à ce qu’en usant de moyens expressifs étonnamment variés et maîtrisés, elle exprime les souffrances et les affres, mais aussi la révolte et les aspirations de centaines de millions d’êtres humains méprisés, exploités, humiliés et offensés.

A ce titre, et c’est ce qu’il convient de marquer, cette œuvre est une œuvre actuelle, qui vaut pour notre temps et qui demeurera active tant que les maux où elle s’origine n’auront pas été éradiqués.

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